
Récemment, j’ai fait une chute sur un quai de gare, en me prenant les pieds dans mon trolley alors que je me précipitais pour ne pas rater un train. Résultat : j’ai tout de même raté le train et je me suis de surcroit cassé 2 côtes. Six mois plus tard, j’ai toujours des sensations inconfortables même si les fortes douleurs du début ont disparues.
Plus récemment encore, je me suis enfoncé le dos de la main droite dans une poignée de porte avec tout mon poids, ce qui m’a handicapé pendant plusieurs semaines et ce n’est toujours pas guéri.
Il y a quinze jours, j’ai oublié ma valise dans un train et ne m’en suis rendu compte que plusieurs minutes après en être sorti, ce qui m’a valu une course effrénée pour la récupérer avant que le train ne reparte. J’y suis arrivé au prix d’un épuisement momentané.
Le fait d’accumuler autant de péripéties désagréables et douloureuses m’a poussé à réfléchir. Mon analyse a permis d’isoler un facteur important : cela s’est chaque fois passé à Paris.
Puis-je en déduire que je devrai dorénavant éviter cette ville ?
Avant de parler du phénomène sur lequel repose cette conclusion, clarifions deux termes : causalité et corrélation.
Il existe une corrélation entre deux éléments lorsque les variations de l’un sont statistiquement associées aux variations de l’autre.
Il existe un lien de causalité entre deux éléments lorsque la variation de l’un est la cause directe de la variation de l’autre.
Il existe de vraies corrélations et des coincidences (corrélations dues au hazard).
Vraie corrélation : la pointure des chaussures des enfants et leur capacité de lecture.
Fausse corrélation : la présence de cygognes et le taux de naissances.
Le fait de tirer la conclusion qu’il me faudra éviter Paris parce qu’il m’arrive régulièrement des péripéties désagréables est une fausse causalité. Paris n’occasionne pas plus de difficultés qu’une autre ville et inversément.
La fausse causalité peut malheureusement être utilisée de façon malveillante comme dans l’exemple d’un patron qui reprocherait à un nouvel employé l’échec systématique des projets auquel il participe. S’il existe une corrélation, plus que probablement fortuite, il n’y a en revanche auquel effet de cause à effet démontrable. Il s’agit plus de la recherche d’un bouc émissaire qu’autre chose.
Depuis que le télétravail est permis dans l’équipe, la solidarité entre les membres est absente. Le télétravail détruit donc les équipes.
Voici quelques exemples de fausse causalité :
« Après la refonte de notre logo, notre notoriété a progressé. Le nouveau logo est la clé de cette réussite »
« Depuis que nous utilisons cet outil de tracking intégré au système de gestion des commandes, les retards ont augmentés : nous devons nous mettre à la recherche d’un autre outil »
« L’équipe qui a suivi la formation est devenue plus efficace, donc la formation doit être dispensée à tout le personne pour que la productivité fasse un bond en avant »
« Le mois où nous avons lancé cette nouvelle brochure, les ventes se sont presque arrêtées. Nous devons d’urgence revoir cette brochure en profondeur »
Nous le comprenons, il est impossible de tirer de telles conclusions sans vérification car il existe d’autres explications, probablement plus plausibles, dans chacun de cas de figure.
La succession dans le temps d’événements ne signifie pas que l’un entraîne l’autre.
Si explication reste exacte quelles que sooient les alternatives utilisées, alors la présomption de causalité devient une piste très sérieuse.
S’il est impossible de démontrer logiquement comment un événement entraîne un autre événement, la causalité se fragilise.
3 idées pour contrer les fausses causalités :
- Identifier les hypothèses en ne concluant plus : l’hypthèse est donc que…. ?
- Chercher à minima une autre explication
- Identifier le mécanisme, étape par étape
Si cette fausse causalité nous était imposée pour mieux nous fragiliser, il est impérative de réagir avec assertivité et en utilisant son espriot critique. Ne nous laissons pas faire. Et si cela se produit pendant une réunion, nous comprenons mieux encore combien il est indispensable d’avoir recours à un avocat du diable dont le rôle est de remettre en question, afin d’éviter de conclure et décider erronément.

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